Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) connaîtra d’importantes évolutions en 2025, avec de nouvelles réglementations visant à renforcer sa fiabilité. Le Conseil supérieur de la construction et de l’efficacité énergétique (CSCEE) a récemment émis un avis sur ces projets d’arrêtés, formulant certaines réserves tout en soutenant l’objectif général d’amélioration du dispositif.
Changements majeurs pour les DPE en 2025
À partir du 1er janvier 2025, tous les DPE réalisés avant le 1er juillet 2021 deviendront caducs et devront être renouvelés pour toute vente de bien immobilier. Les diagnostics effectués après cette date conserveront leur validité de 10 ans. Cette évolution s’inscrit dans un contexte où la fiabilité des DPE est devenue cruciale, notamment avec l’interdiction progressive de location des logements classés F et G (passoires thermiques) dès 2025.
Réserves émises par le CSCEE
Le CSCEE a adopté un avis défavorable concernant certains aspects des nouveaux projets d’arrêtés liés au DPE. Parmi les points de préoccupation figurent notamment la méthodologie de calcul 3CL pour les logements de petite surface, qui risquent d’être pénalisés par une évaluation basée sur la consommation par unité de surface. Le CSCEE recommande également de maintenir une exigence de résultats (classe A ou B) plutôt qu’une approche par moyens, et d’anticiper les futures obligations du Plan de sobriété.
Impacts sur les propriétaires et le marché immobilier
Ces changements auront des conséquences significatives pour les propriétaires français. Dès 2025, les logements classés G ne pourront plus être proposés à la location sous de nouveaux contrats. De plus, les propriétaires de biens classés E devront réaliser un audit énergétique en cas de vente, étendant une obligation qui ne concernait jusqu’alors que les logements F et G. Ces mesures influencent directement la valeur immobilière des biens, un DPE favorable devenant un atout de plus en plus important sur le marché, tandis que les passoires thermiques subissent une dévalorisation progressive.
Encadrement renforcé des diagnostiqueurs
Pour restaurer la confiance dans le DPE, les projets d’arrêtés prévoient également un encadrement plus strict des diagnostiqueurs. Parmi les mesures envisagées figurent :
- l’obligation pour les professionnels de présenter leur certificat,
- l’ajout d’un QR code sur chaque DPE pour faciliter la vérification,
- l’interdiction pour les logiciels d’afficher la classe énergétique avant transmission complète des données.
Ces dispositions visent à limiter les erreurs et à garantir une meilleure fiabilité des diagnostics, dont l’importance devient capitale dans les transactions immobilières.
L’année 2025 marquera donc un tournant important dans la réglementation des DPE en France, avec des conséquences notables tant pour les propriétaires que pour les professionnels du secteur. Malgré les réserves émises par le CSCEE, ces évolutions s’inscrivent dans une dynamique globale de transition énergétique et d’amélioration du parc immobilier français. Les propriétaires sont invités à anticiper ces changements pour éviter toute difficulté lors de transactions futures, tandis que les diagnostiqueurs devront s’adapter à un cadre professionnel plus exigeant.